C’est quoi la restriction cognitive ?

La restriction cognitive est l’alternance entre deux états, celui de l’hypercontrôle et celui de la perte totale de contrôle. L’un entrainant l’autre la plupart du temps.

La personne souhaitant perdre du poids débute souvent sa journée par « il faut » ou « je dois », il faut que je perde 5 kg, je n’ai pas le choix je dois perdre du poids. Elle débute donc dès le petit déjeuner par lister les aliments « bons » ou « mauvais » pour elle : pain non, céréales non, fruit ok,… Souvent dans sa liste subsistent les fruits et les légumes, un peu de légumineuse, mais pas le soir car elle a entendu quelque part qu’il ne fallait surtout pas en manger le soir…

Elle entre rapidement dans une phase de restriction avec des règles très strictes établies par elle seule.

On peut lire sur le site du GROS (Groupement de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids)

« Si je mange beaucoup d’aliments autorisés, je n’aurai pas envie des aliments interdits « . Il s’agit d’un processus cognitif fréquemment rencontré, qui conduit à la surconsommation d’aliments  » autorisés « .

« Si je consomme un aliment interdit, je dois en manger beaucoup car je n’y aurai plus droit ensuite « , ou  » si je ne mange pas tel aliment au moment où il est à ma disposition, je n’en aurai plus jamais par la suite  » sont des processus cognitifs courants eux aussi, aboutissant à la mise en place d’une situation de pénurie artificielle que le sujet anticipe, le conduisant ainsi à la surconsommation d’aliments  » interdits « .

Aliment « bon ou mauvais ? »

Les sensations alimentaires sont alors totalement mises au second plan et ne sont plus accessibles par la personne. Il n’est plus question de manger par faim mais parce que c’est l’heure, parce qu’on a disposition des aliments « bons » pour se caler, parce qu’il le faut. On peut lire aussi lire dans l’article « Le syndrome de restriction cognitive : de la norme au désordre du comportement alimentaire » (paru en 2001 Em-Consulte) :

« La restriction cognitive se définit comme une tentative, réussie ou non, pour atteindre un poids inférieur à son poids spontané et s’y maintenir. Elle s’instaure sur un double désaveu de la part du mangeur ; le premier concerne sa propre apparence, désavouée en référence à l’image de la minceur valorisée par la mode et la médecine : « je suis trop gros(se) » ; le second s’applique à ses propres signaux internes de régulation alimentaire : « je dois faire taire mon appétit et ma gourmandise si je veux maigrir ou ne pas grossir ».

A partir du moment où l’on contrôle son alimentation de façon excessive avec un système qui instaure des aliments « bons » et « mauvais », et qu’on n’écoute plus sa faim de peur de grossir, on peut imaginer que la personne soit en restriction cognitive. Ce comportement tend, à moyen et long terme, à une mauvaise estime de soi, à une prise de poids et à une humeur à la baisse. Le bénéfice à court étant uniquement lié au fait d’avoir « tenu face à cet aliment » ou d’avoir réussi à ne pas craquer cette fois-ci.

Et si on allait vers une alimentation plus légère ? Plus libre et en fonction de nos envies, en réapprenant à écouter sa faim ?

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